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1/07/98 dans un grand quotidien national

(source inconnue)

samedi 2 octobre 2010, par Digreg

Un squat s’installe, la vie d’un quartier change, et parfois en bien. Quand de surcroît sa vocation est artistique, il donne des couleurs à des endroits qui en manquent. A cet égard, les expériences évoquées dans les deux premiers films de la collection documentaire en dix volets " Dix lieux à la ronde " sont passionnantes.
Le Centre autonome d’expérimentation sociale (CAES) a été fondé en 1981 à Ris-Orangis dans une ancienne usine de l’armée, abandonnée, en bordure de Seine. Les squatters ont reconstruit. Ils ont construit, même. Un microcosme qui serait utopique s’il ne fonctionnait pas depuis si longtemps, autogéré et généreux les services sociaux de la mairie y envoient des cas difficiles.

Quatre-vingts personnes vivent et travaillent au CAES, peintres, sculpteurs, artistes de cirque ou musiciens : " Nous voulions nous réapproprier des espaces pour créer des emplois. Quand le culturel a beaucoup de sens, il est social. Quand le social prend du sens, il devient culturel. "

Un lieu bouillonnant, qui " génère des envies de créer ". C’est, comme le dit Ravi, un musicien, " une grosse bête pas encore faite. Un bras pousse, puis des jambes. Elle n’a rien de temporaire, elle se bâtit en permanence ".

" L’Hôpital éphémère ", ex-Bretonneau, dans le XVIIIe arrondissement de Paris (sujet du deuxième volet, le 8 juillet) n’existe plus. C’était sa vocation : il était géré par une association qui occupe à titre précaire des lieux voués à la démolition, avec l’accord des propriétaires. En attendant les pelleteuses, des artistes s’y installent, contre un loyer modique. L’endroit fut inauguré en 1990 : une autre génération, moins porteuse d’utopies, plus pragmatique, qui sélectionne les artistes impétrants avec l’aide du ministère de la culture. D’où des occupants plus institutionnels, toutes proportions gardées, et obsédés par le travail. Mais aussi, comme en témoigne Patrick Blanc, botaniste, chercheur au CNRS et participant de l’actuelle exposition dédiée à la nature par la fondation Cartier, un lieu où les herbes, folles ou pas, savaient pousser entre les pavés.

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